Une petite fille active

Aujourd’hui j’ai mis mon pull qui dit « loud and happy ». Je sais pas trop ce que ça veut dire en vrai, mais maman a dit que ça me ressemblait. Donc voilà.

Sur la première photo, je suis sage. C’était au début de la journée. Au début, j’ai toujours l’air sage. C’est après que ça change.

Sur la deuxième photo, je suis sur un gros rocher. Avec des petites prises rouges. Quand il y a des prises rouges, on grimpe : c’est la règle. Personne ne m’a aidée. Enfin, presque personne. Juste un petit peu, pour la sécurité.

Sur la troisième photo, je fais une grimace. Une vraie. Avec les deux mains pour bien étirer la bouche. C’était devant un endroit important avec des grandes pierres et tout, et maman m’a dit que c’était pas le moment. Moi je trouvais que c’était exactement le moment, justement.

Voilà. Trois Cassandre dans une seule journée. Et il en reste encore plein d’autres.

— Cassandre

C’est la rentrée !

Aujourd’hui c’était mon premier jour d’école. La vraie. Avec un cartable, des copains, et la même maîtresse que mon frère a eu l’année dernière.

J’ai posé devant la porte avant de partir. Très sérieusement, parce que c’était un grand jour. Maman a fait plein de photos. Je crois qu’elle avait un peu envie de pleurer mais elle a fait genre non.

Et pour aller à l’école, on m’a fait une coiffure. Une vraie. Pas juste les cheveux dans tous les sens. Le lendemain, encore une autre. Je ne les vois pas moi-même parce qu’elles sont derrière ma tête, mais sur les photos elles ont l’air très bien. Tout le monde les a remarquées. C’est ça qui compte.

L’école, sinon, c’est bien. Y a des jeux, y a des chansons, et à midi on mange. Je vais y retourner.

— Cassandre

Des frites et un lacertidae

Au restaurant, j’ai eu des frites. Plein. Une grosse assiette pour moi toute seule.

J’en ai pris deux et je les ai mises dans ma bouche, mais pas pour les manger. Pour faire les dents. Comme un animal qui aurait des dents en frites. C’était très drôle. Tout le monde a rigolé, donc c’est que c’était une bonne idée.

Après, je les ai mangées quand même, parce qu’on ne joue pas avec la nourriture trop longtemps. C’est ce que maman dit. Mais un petit peu, ça va.

L’autre jour, on m’a mis un lézard dans les mains. Un petit. Je ne m’y attendais pas. Je ne savais pas trop quoi faire d’un lézard. Lui non plus visiblement. On s’est regardés un moment. Et après il est reparti.

C’était bizarre, mais je suis contente quand même de l’avoir rencontré.

Ca va comme ça, je suis belle ?

Aujourd’hui, j’ai posé. Pour les photos. C’est très sérieux, poser, on ne rigole pas.

J’ai essayé plusieurs poses. La première, je sais pas trop si elle était bonne. La deuxième, je me suis dit que peut-être, mais en fait peut-être pas. La troisième, j’ai mis la main comme ça, sur le côté, parce que j’ai vu une dame faire pareil dans un magazine et elle avait l’air très contente d’elle.

Le problème quand on pose, c’est qu’on ne se voit pas. Donc on ne sait jamais. Il faut demander aux autres après, et eux ils disent toujours « oui c’est super » même quand on n’est pas sûre.

Je crois que je suis prête à être une star. Il faut juste que je trouve dans quoi.

Juin, mois des déguisements

Ce mois-ci, je me suis beaucoup déguisée. Beaucoup beaucoup. Maman dit que c’est presque tous les jours, mais moi je trouve que c’est normal.

D’abord, j’étais princesse. C’était une bonne journée parce que les princesses, elles font ce qu’elles veulent, et en plus elles sont jolies. J’avais une robe qui tournait quand je tournais, ce qui est très important. Une robe qui ne tourne pas, ça sert à rien.

Après, un autre jour, j’étais papillon. Mais pas un petit papillon : un grand. Les ailes elles allaient jusque sur mes yeux, donc quand je clignais, c’est tout le papillon qui clignait avec moi. C’était magique.

J’ai volé un peu dans le salon. Pas trop haut parce que le plafond est là, mais quand même.

Demain je sais pas ce que je serai. Peut-être princesse-papillon. On a le droit de mélanger.

Je visite une ferme

Aujourd’hui je suis allée à la ferme. Et à la ferme, il y avait un tracteur. Un VRAI. Pas un en plastique. Et je suis montée dessus.

C’est très haut, un tracteur. Beaucoup plus haut que moi. Mais une fois qu’on est en haut, on est en haut, donc ça va.

J’ai pris le volant. Je faisais semblant de conduire, mais un petit peu pour de vrai aussi, parce que quand on tient le volant, on conduit. C’est comme ça.

Il y avait aussi des vaches, des poules, et un mouton qui m’a regardée bizarrement. Alors je l’ai regardé bizarrement aussi, pour qu’il comprenne.

Quand je serai grande, j’aurai un tracteur. Et une ferme. Et peut-être un mouton, mais un gentil.