En mars je bouge !

En mars, j’ai beaucoup bougé.

D’abord la balançoire. Elle, je l’aime depuis toujours. Depuis que je suis toute petite, même. Avant je m’asseyais dessus, maintenant je monte à genoux parce que c’est plus sportif. Je me tiens aux cordes, je me penche en arrière, et hop. Le truc bien avec la balançoire, c’est qu’on va vite sans jamais partir. On revient toujours au même endroit. C’est reposant.

Ensuite, le vélo. J’étais en robe de princesse ce jour-là, mais ça ne gêne pas. Une princesse peut très bien faire du vélo. D’ailleurs, ça fait joli parce que la robe flotte derrière.

Et pour finir : la moto. Une vraie, avec des flammes orange sur les côtés et plein de chromes qui brillent. J’avais ma casquette. Je crois que ça m’allait plutôt bien. Elle ne roulait pas très loin — elle tournait en rond, mais elle tournait vite. Papa dit que c’était un manège, moi je dis que c’était une moto. On n’est pas obligés d’être d’accord.

Balançoire, vélo, moto. Mars a été un bon mois.

— Cassandre

Février à la ferme

En février, on est allés à la ferme. Il faisait beau, donc j’ai mis mes lunettes de soleil. Une ferme avec des lunettes de soleil, c’est mieux.

Il y avait une chèvre. Une petite, marron et blanche, à peu près à ma hauteur, ce qui est très pratique. Je l’ai caressée sur le dos. Elle s’est laissée faire, et même elle est restée à côté de moi un moment, comme si on se connaissait. Je crois qu’on s’est bien entendues. Elle ne m’a rien dit, mais je l’ai senti.

Après, il y avait le tracteur. Un jaune. Vieux, mais très beau. Je suis montée dessus et j’ai pris le volant. Il est plus grand que mes bras, donc il faut s’y prendre à deux mains et tourner avec tout le corps. C’est du travail.

Je n’ai pas démarré. Papa m’a expliqué qu’on ne démarre pas les tracteurs des autres. Dommage, parce que j’étais prête.

— Cassandre

C’est bizarre janvier

Janvier, c’est un mois bizarre.

D’abord, il y a la neige. Pas beaucoup, mais un peu. Sur la photo, je suis en train d’en ramasser sur la table. Pas pour faire une boule, juste pour voir comment c’est dans les mains. Réponse : froid. Très froid. Même avec les gants.

Le bonnet, c’est mon préféré. Il a un gros pompon en haut. C’est pas hyper pratique, mais c’est joli, et en hiver, c’est ça qui compte.

Sur la deuxième photo, je viens de manger de la galette. On voit même un petit bout qui reste sur la table. La galette, c’est très bon, mais surtout dedans il y a une fève. Une toute petite chose qui se cache. Quand on tombe dessus, on devient reine, et on met la couronne. Cette fois, je ne l’ai pas eue. Mais j’ai souri quand même, parce qu’on est reine ou pas reine, dans la vie il faut sourire.

Voilà pour janvier. Vivement la suite.

— Cassandre

Echecs sous la neige

Cette semaine, j’ai fait deux choses très différentes.

D’abord, j’ai joué aux échecs. Avec Gabriel. Lui, il connaît bien parce qu’il a appris avant, mais moi j’apprends vite. Sur la photo, je suis en train de réfléchir très fort. Ça se voit pas trop, mais à l’intérieur, ça travaillait. Je crois que j’allais bouger un pion. Ou un cavalier. Un truc en bois, en tout cas. C’est ça, les échecs : on bouge des trucs en bois, et il faut que ce soit le bon, sinon Gabriel fait une tête bizarre.

Ensuite, j’ai été Elsa. La vraie. Enfin, presque la vraie. J’avais la robe, la couronne, la cape avec les paillettes, tout. Quand on est Elsa, on n’a plus le droit d’être ordinaire. On marche autrement, on parle autrement, on met les mains comme ça devant soi parce que c’est plus joli. Je trouve que ça me va plutôt bien.

Voilà. Cassandre joueuse d’échecs et Cassandre reine des neiges. Dans la même semaine. Faut suivre.

— Cassandre

Préparation de Noël

C’est presque Noël, donc on a sorti le sapin. C’est moi qui m’occupe de l’étoile. C’est une grande responsabilité.

L’étoile, elle est rouge. Très rouge. Et grande. Quand je la lève au-dessus de ma tête, on dirait que c’est moi qui brille un peu. C’est joli. J’ai fait la photo comme ça pour que tout le monde voie bien.

Le problème, c’est que l’étoile, elle va tout en haut du sapin. Et moi, je suis pas tout en haut, je suis tout en bas. Donc papa va m’aider. C’est l’inconvénient des étoiles : elles habitent toujours à des endroits compliqués.

Après on mettra les boules, les guirlandes, et tous les petits machins qu’on accroche partout. Je crois qu’il va y avoir du travail.

— Cassandre

Une petite fille active

Aujourd’hui j’ai mis mon pull qui dit « loud and happy ». Je sais pas trop ce que ça veut dire en vrai, mais maman a dit que ça me ressemblait. Donc voilà.

Sur la première photo, je suis sage. C’était au début de la journée. Au début, j’ai toujours l’air sage. C’est après que ça change.

Sur la deuxième photo, je suis sur un gros rocher. Avec des petites prises rouges. Quand il y a des prises rouges, on grimpe : c’est la règle. Personne ne m’a aidée. Enfin, presque personne. Juste un petit peu, pour la sécurité.

Sur la troisième photo, je fais une grimace. Une vraie. Avec les deux mains pour bien étirer la bouche. C’était devant un endroit important avec des grandes pierres et tout, et maman m’a dit que c’était pas le moment. Moi je trouvais que c’était exactement le moment, justement.

Voilà. Trois Cassandre dans une seule journée. Et il en reste encore plein d’autres.

— Cassandre

C’est la rentrée !

Aujourd’hui c’était mon premier jour d’école. La vraie. Avec un cartable, des copains, et la même maîtresse que mon frère a eu l’année dernière.

J’ai posé devant la porte avant de partir. Très sérieusement, parce que c’était un grand jour. Maman a fait plein de photos. Je crois qu’elle avait un peu envie de pleurer mais elle a fait genre non.

Et pour aller à l’école, on m’a fait une coiffure. Une vraie. Pas juste les cheveux dans tous les sens. Le lendemain, encore une autre. Je ne les vois pas moi-même parce qu’elles sont derrière ma tête, mais sur les photos elles ont l’air très bien. Tout le monde les a remarquées. C’est ça qui compte.

L’école, sinon, c’est bien. Y a des jeux, y a des chansons, et à midi on mange. Je vais y retourner.

— Cassandre

Des frites et un lacertidae

Au restaurant, j’ai eu des frites. Plein. Une grosse assiette pour moi toute seule.

J’en ai pris deux et je les ai mises dans ma bouche, mais pas pour les manger. Pour faire les dents. Comme un animal qui aurait des dents en frites. C’était très drôle. Tout le monde a rigolé, donc c’est que c’était une bonne idée.

Après, je les ai mangées quand même, parce qu’on ne joue pas avec la nourriture trop longtemps. C’est ce que maman dit. Mais un petit peu, ça va.

L’autre jour, on m’a mis un lézard dans les mains. Un petit. Je ne m’y attendais pas. Je ne savais pas trop quoi faire d’un lézard. Lui non plus visiblement. On s’est regardés un moment. Et après il est reparti.

C’était bizarre, mais je suis contente quand même de l’avoir rencontré.

Ca va comme ça, je suis belle ?

Aujourd’hui, j’ai posé. Pour les photos. C’est très sérieux, poser, on ne rigole pas.

J’ai essayé plusieurs poses. La première, je sais pas trop si elle était bonne. La deuxième, je me suis dit que peut-être, mais en fait peut-être pas. La troisième, j’ai mis la main comme ça, sur le côté, parce que j’ai vu une dame faire pareil dans un magazine et elle avait l’air très contente d’elle.

Le problème quand on pose, c’est qu’on ne se voit pas. Donc on ne sait jamais. Il faut demander aux autres après, et eux ils disent toujours « oui c’est super » même quand on n’est pas sûre.

Je crois que je suis prête à être une star. Il faut juste que je trouve dans quoi.

Juin, mois des déguisements

Ce mois-ci, je me suis beaucoup déguisée. Beaucoup beaucoup. Maman dit que c’est presque tous les jours, mais moi je trouve que c’est normal.

D’abord, j’étais princesse. C’était une bonne journée parce que les princesses, elles font ce qu’elles veulent, et en plus elles sont jolies. J’avais une robe qui tournait quand je tournais, ce qui est très important. Une robe qui ne tourne pas, ça sert à rien.

Après, un autre jour, j’étais papillon. Mais pas un petit papillon : un grand. Les ailes elles allaient jusque sur mes yeux, donc quand je clignais, c’est tout le papillon qui clignait avec moi. C’était magique.

J’ai volé un peu dans le salon. Pas trop haut parce que le plafond est là, mais quand même.

Demain je sais pas ce que je serai. Peut-être princesse-papillon. On a le droit de mélanger.