Une vraie princesse

Aujourd’hui, je suis une vraie princesse. En tout cas, j’ai la robe. C’est déjà un très bon début.

Pour être une princesse complète, il faut normalement plusieurs choses. Une robe qui brille : j’ai. Une jupe tellement longue qu’elle touche par terre : j’ai aussi. Un sourire de princesse : j’ai, je l’ai même travaillé devant le miroir.

Ce qui me manque encore, c’est le château. Pour l’instant, j’ai la terrasse. Il me manque aussi le royaume. Mais j’ai le jardin, et je règne déjà un peu sur Gabriel et Virgile.

Il paraît aussi que les princesses ne courent pas et ne grimpent pas aux arbres. Ça, je ne suis pas d’accord. Moi, je serai une princesse qui court, qui grimpe et qui fait du vélo. Avec la robe. C’est ma version.

— Cassandre

Mon petit frère

J’ai un petit frère. Il s’appelle Virgile, et il est tout petit. Plus petit que moi. C’est la première fois que quelqu’un est plus petit que moi dans la maison, alors je fais très attention à lui.

Aujourd’hui, je lui ai fait un câlin. Un grand. Je l’ai pris contre moi sur le canapé, bien serré, mais pas trop, parce qu’un bébé, c’est fragile. Maman me l’a expliqué. Il avait sa tétine, il était tout chaud, et il sentait bon le bébé. Il n’a rien dit, mais je crois qu’il était content. Les bébés, quand ils sont contents, ils ne disent rien. Ils restent juste là.

Avant, c’était moi la petite dernière. On me faisait des câlins à moi. Maintenant, c’est moi qui en fais. Je suis devenue grande sœur, et grande sœur, ça veut dire qu’on protège, qu’on câline, et qu’on prête un peu ses affaires. Un peu.

Quand il sera plus grand, je lui apprendrai plein de choses. Le vélo, les déguisements, la balançoire. Mais pour l’instant, on fait des câlins. C’est déjà beaucoup.

— Cassandre

Anniversaire

C’est mon anniversaire ! J’ai 4 ans. Quatre. C’est beaucoup. C’est presque grand.

Pour l’occasion, j’ai mis ma robe de princesse. Une robe bleue qui brille, avec de la fourrure blanche autour du cou. Une princesse, le jour de son anniversaire, c’est encore plus princesse que d’habitude. C’est la règle.

Il faisait beau, alors j’ai eu une glace. Rouge. Une princesse peut tout à fait manger une glace, il faut juste faire attention à la robe. J’ai fait attention. Presque tout le temps.

Et puis il y a eu le gâteau. Au chocolat, avec une bougie en forme de 4, pour que tout le monde sache bien combien j’ai d’ans. Maman a applaudi avant même que je souffle. Je crois qu’elle était encore plus contente que moi. Ou alors elle avait très envie de manger le gâteau.

J’ai soufflé. Du premier coup. Les princesses de 4 ans, elles ont beaucoup de souffle.

— Cassandre

Je suis à Deauville

On est allés à Deauville et à Trouville avec papa, Gabriel et Arthur. Deux villes pour le prix d’une ! Et il y avait du soleil. Un vrai soleil, pas un soleil qui se cache derrière les nuages au bout de cinq minutes.

À Deauville, sur la plage, il y avait des lettres géantes. Énormes. Plus grandes que papa. Gabriel et moi, on s’est mis dedans, comme si on faisait partie du mot. Je ne sais pas encore lire toutes les lettres, mais ce n’est pas grave : pour se mettre dedans, pas besoin de savoir lire.

Après, à Trouville, il y avait encore des lettres. Les villes, par ici, elles aiment bien écrire leur nom en grand, pour qu’on ne se trompe pas. Alors on a grimpé dessus. Gabriel d’un côté, moi de l’autre, et papa assis en bas, tranquille, avec ses lunettes de soleil.

Et les photos, c’est Arthur qui les a prises. On ne le voit pas, mais il était là. C’est le problème quand on est le photographe : on est dans toutes les sorties, mais sur aucune photo. Merci Arthur !

Le sable, le soleil, les grandes lettres, papa, Gabriel, Arthur : c’était une journée parfaite. On revient quand ?

— Cassandre

Le vélo rapide

Maintenant, je sais faire du vélo. Bien. Vraiment bien.

Avant, il fallait qu’on me tienne, qu’on me pousse, qu’on me dise « pédale, pédale ! ». Maintenant, plus besoin. Je pédale toute seule, et je vais vite. Très vite. Comme l’éclair. Peut-être même plus vite que l’éclair, mais personne n’a encore mesuré.

Quand je roule, le vent passe dans mes cheveux (enfin, ceux qui dépassent du casque), et j’ai envie de crier. Alors je crie. Pas parce que j’ai peur : parce que c’est trop bien. C’est un cri de joie. Il faut que tout le monde sache que j’arrive.

— Cassandre

En mars je bouge !

En mars, j’ai beaucoup bougé.

D’abord la balançoire. Elle, je l’aime depuis toujours. Depuis que je suis toute petite, même. Avant je m’asseyais dessus, maintenant je monte à genoux parce que c’est plus sportif. Je me tiens aux cordes, je me penche en arrière, et hop. Le truc bien avec la balançoire, c’est qu’on va vite sans jamais partir. On revient toujours au même endroit. C’est reposant.

Ensuite, le vélo. J’étais en robe de princesse ce jour-là, mais ça ne gêne pas. Une princesse peut très bien faire du vélo. D’ailleurs, ça fait joli parce que la robe flotte derrière.

Et pour finir : la moto. Une vraie, avec des flammes orange sur les côtés et plein de chromes qui brillent. J’avais ma casquette. Je crois que ça m’allait plutôt bien. Elle ne roulait pas très loin — elle tournait en rond, mais elle tournait vite. Papa dit que c’était un manège, moi je dis que c’était une moto. On n’est pas obligés d’être d’accord.

Balançoire, vélo, moto. Mars a été un bon mois.

— Cassandre

Février à la ferme

En février, on est allés à la ferme. Il faisait beau, donc j’ai mis mes lunettes de soleil. Une ferme avec des lunettes de soleil, c’est mieux.

Il y avait une chèvre. Une petite, marron et blanche, à peu près à ma hauteur, ce qui est très pratique. Je l’ai caressée sur le dos. Elle s’est laissée faire, et même elle est restée à côté de moi un moment, comme si on se connaissait. Je crois qu’on s’est bien entendues. Elle ne m’a rien dit, mais je l’ai senti.

Après, il y avait le tracteur. Un jaune. Vieux, mais très beau. Je suis montée dessus et j’ai pris le volant. Il est plus grand que mes bras, donc il faut s’y prendre à deux mains et tourner avec tout le corps. C’est du travail.

Je n’ai pas démarré. Papa m’a expliqué qu’on ne démarre pas les tracteurs des autres. Dommage, parce que j’étais prête.

— Cassandre

C’est bizarre janvier

Janvier, c’est un mois bizarre.

D’abord, il y a la neige. Pas beaucoup, mais un peu. Sur la photo, je suis en train d’en ramasser sur la table. Pas pour faire une boule, juste pour voir comment c’est dans les mains. Réponse : froid. Très froid. Même avec les gants.

Le bonnet, c’est mon préféré. Il a un gros pompon en haut. C’est pas hyper pratique, mais c’est joli, et en hiver, c’est ça qui compte.

Sur la deuxième photo, je viens de manger de la galette. On voit même un petit bout qui reste sur la table. La galette, c’est très bon, mais surtout dedans il y a une fève. Une toute petite chose qui se cache. Quand on tombe dessus, on devient reine, et on met la couronne. Cette fois, je ne l’ai pas eue. Mais j’ai souri quand même, parce qu’on est reine ou pas reine, dans la vie il faut sourire.

Voilà pour janvier. Vivement la suite.

— Cassandre

Echecs sous la neige

Cette semaine, j’ai fait deux choses très différentes.

D’abord, j’ai joué aux échecs. Avec Gabriel. Lui, il connaît bien parce qu’il a appris avant, mais moi j’apprends vite. Sur la photo, je suis en train de réfléchir très fort. Ça se voit pas trop, mais à l’intérieur, ça travaillait. Je crois que j’allais bouger un pion. Ou un cavalier. Un truc en bois, en tout cas. C’est ça, les échecs : on bouge des trucs en bois, et il faut que ce soit le bon, sinon Gabriel fait une tête bizarre.

Ensuite, j’ai été Elsa. La vraie. Enfin, presque la vraie. J’avais la robe, la couronne, la cape avec les paillettes, tout. Quand on est Elsa, on n’a plus le droit d’être ordinaire. On marche autrement, on parle autrement, on met les mains comme ça devant soi parce que c’est plus joli. Je trouve que ça me va plutôt bien.

Voilà. Cassandre joueuse d’échecs et Cassandre reine des neiges. Dans la même semaine. Faut suivre.

— Cassandre

Préparation de Noël

C’est presque Noël, donc on a sorti le sapin. C’est moi qui m’occupe de l’étoile. C’est une grande responsabilité.

L’étoile, elle est rouge. Très rouge. Et grande. Quand je la lève au-dessus de ma tête, on dirait que c’est moi qui brille un peu. C’est joli. J’ai fait la photo comme ça pour que tout le monde voie bien.

Le problème, c’est que l’étoile, elle va tout en haut du sapin. Et moi, je suis pas tout en haut, je suis tout en bas. Donc papa va m’aider. C’est l’inconvénient des étoiles : elles habitent toujours à des endroits compliqués.

Après on mettra les boules, les guirlandes, et tous les petits machins qu’on accroche partout. Je crois qu’il va y avoir du travail.

— Cassandre